2050 [deux mille cinquante]

Alignés comme ça, les chiffres évoquent le futur lointain d’un film de SF, et pourtant, 2050, d’une certaine façon, c’est un peu (presque) demain. Alors, si l’on a plus ou moins mis de côté l’option « voiture volante » histoire de garder un brin les pieds sur Terre, on s’est amusés à imaginer à quoi pourrait bien ressembler la qualité de vie au travail dans tout juste 32 ans. Avec en prime le point de vue d’une poignée de lycéens d’aujourd’hui, cette génération Z qui sera justement en plein dans la « vie active » lors de ce futur pas si lointain.

Imaginez : nous sommes en 2050. Plus de travail à la chaîne, plus de tâches ingrates. Presque plus de métiers manuels : les robots ont envahi les usines, augmentant la productivité, faisant disparaître les accidents et la notion de pénibilité au travail. La révolution cybertechnologique a bien eu lieu, et une grande majorité des métiers alors en vogue n’existent pas (encore) aujourd’hui. La notion de « bureau » telle qu’on la connaît est bel et bien révolue… 2050, c’est l’ère des freelancers, des espaces de coworking, des réunions par hologrammes – grâce à un logiciel du type Skype qui permet une projection de soi-même à l’autre bout de la planète. Des casques VR pour discuter en temps réel avec ses prestataires et clients de l’autre côté de la planète. On imagine alors le bureau entier comme un ordinateur, les fichiers que l’on balaye d’une main devant soi, façon Minority Report, une ambiance lumineuse et sonore qui varie selon les besoins physiologiques pour optimiser le travail, des murs qui changent de couleur selon le besoin de réflexion. On imprime en 3D, quelque soit le matériau, on réalise des schémas à main levée avec un stylo spécifique pour le voir s’afficher en trois dimensions devant nos yeux.

Notre société sera forcément hyper-connectée

En 2050, de manière générale, notre société sera forcément, hyper-connectée, que ce soit pour communiquer, travailler, se déplacer : chaque outil interagit avec l’autre pour nous rendre la vie plus facile. Tout sera interactif : des lentilles de contact pour photographier, une puce intégrée pour téléphoner, payer, badger… Des livraisons en drône, un Cloud illimité, des clés USB de plusieurs terra… On évalue ses prestataires à grand renfort de notes étoilées pour recommander (ou non) leurs performances.

Aussi, la notion de hiérarchie sera dépassée : plus réellement de « chef » ni de manager, on alterne sa fonction avec ses collègues pour accroitre compétences, productivité et transversalité. Résultats : moins d’ennui au travail, plus de casquettes, et toujours, l’idée de gagner du temps – du moins de ne pas en perdre – et ainsi encore mieux optimiser ses tâches. On imagine l’arrêt des heures obligatoires et la mise en place d’horaires flexibles, mais aussi des congés illimités. Chacun s’organise selon ses propres besoins, pour réaliser sa tâche dans le temps imparti. On travaillera sans doute autant – voire plus, si la notion de « retraite » vient elle-aussi à disparaitre – mais de manière différente, et surtout de manière adaptée à un mode de vie qui aura changé. On gagne alors en responsabilité, en autonomie, et on augmente la confiance en soi : bénéfique pour tout le monde. Surtout lorsque l’on garde en tête que la quête de sens est sans aucun doute l’une des questions qui taraude le plus la génération de trentenaires actuels… Se sentir bien pour travailler mieux. Avec en prime des formations obligatoires inclues dans le process, pour continuer à nourrir notre soif d’apprendre.

On rêve alors d’une société plus à l’écoute de soi et des autres : une salle de sport en libre service, intégrée dans chaque agence ou espace de coworking, une crèche pour faire garder ses enfants, des repas sains, bio et diététiques, des séances de yoga et de méditation, des temps de siestes obligatoires, des potagers partagés pour des pauses café-jardinage éco-responsables, voire même des bureaux reprenant le concept d’aquaponie, à la fois autonome et connecté. Une tendance écolo forcément nécessaire pour équilibrer la donne, face à une symbiotique présente absolument partout.

Pas de science-fiction, pas de téléportation ni de voitures volantes. Du concret…

Quand on pose la question de « la qualité de vie au travail en 2050 » aux lycéens d’aujourd’hui, les réponses sont étonnamment très terre à terre. Pas de science-fiction, pas de téléportation ni de voitures volantes. Du concret, souvent simple à mettre en place, et qui prouve une nouvelle fois l’envie / le besoin / la nécessité de se sentir épanoui sur son lieu de travail. Souvent, reviennent les idées de la crèche dans les locaux, de la salle de sport… Les horaires de travail aménageables et les systèmes de visioconférence « permettant de travailler de où on veut » dixit Flynn, élève de 1ère, aussi. Tous font référence au Japon pour instaurer dans nos vies de travailleurs une sieste obligatoire, histoire de recharger ses neurones afin d’utiliser à 100% ses capacités. Paola, élève de Terminale, parle de « plantes dans le bureau pour évacuer le stress et se sentir plus proche de la nature » ; Mathis, élève de 1ère, « l’obligation de proposer un poste de recharge pour véhicules électriques, type Tesla ». La fameuse tendance écolo que l’on évoquait un peu plus haut. Et puis, pour Ornella, élève de Terminale : « les entreprises pourront proposer des services comme des laveries, des docteurs, des coiffeurs dans l’entreprise dans le but de gagner du temps. Se faire couper les cheveux pendant le temps de midi ou pendant les pauses. » Futuriste, oui, étonnant sans doute, visionnaire, peut-être.

En 2050, nous serons sept milliards d’actifs et cinq générations à travailler ensemble. Alors… “les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir” disait Pierre Dac il y a quelques années. Toujours d’actualité aujourd’hui !